Partant des « Nuits du 4 août »
Ce fut donc à Peyrelevade …
Plus de 2000 personnes, venues de toutes parts, ont fait le chemin de Peyrelevade les 4, 5 et 6 août, en dépit des messages de panique répandus dans l’espoir d’empêcher que cette fête n’ait lieu.
La fête a donc bien eu lieu, dans une de ces rares communes françaises où des représentants élus mettent encore un point d’honneur à ne pas se contenter de fleurir les ronds-points et d’accueillir les vide-greniers.
Le nombre des participants dépassa même quelque peu les espérances des organisateurs. Deux jours, deux nuits, de liesse lucide pour une foule que tout parvenait à convaincre qu’elle vivait là un de ces moments réputés impossibles, un moment d’où s’étaient effacés la barrière de l’argent, le soi-disant fossé des générations, et tous ces messages de désespérance que les pouvoirs, médiatiquement appuyés, s’attachent, chaque instant que la vie fait, à envoyer aux populations pour nourrir le sentiment d’impuissance collective.
Deux jours, deux nuits, où tout n’était que rencontres, écoute attentive, intelligence, don et gratuité, portés par une centaine de musiciens, comédiens, acrobates, conteurs, poètes, cinéastes, conférenciers et autres combattants venus témoigner de leurs guerres contre l’actuel système de domination…
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Énième retour sur les nuits du 4 aout..
« Ouais, ce fut une bien belle fête ! », j'allais dire. Commençons donc par là.
Car arriver à faire quelque chose de pas trop triste à un peu nombreux, de nos jours, c'est déjà pas rien ! « Un premier pas contre la tristesse, qui est la forme sous laquelle le capitalisme existe dans nos vies », disait un petit manifeste il y a une dizaine d'années.
Alors, disons le franchement, c'était jouissif !
Des paroles libres qui s'accrochent aux fenêtres et aux pieds des passants, des spectacles qui viennent te chatouiller bien à l'intérieur, la magie d'un beau grand vrai banquet à faire pâlir d'envie Obélix et ses collègues, l'énergie euphorisante des musiciens qui envahit la place du village.. Pour ce que j'ai pu en goûter.
Et puis, c'est vrai, ne nous en cachons pas, l'idée que ça ait pu se faire avec nos petites mains, pleins de petites mains, des minces, des larges, des douces, des rugueuses, des tremblantes, des solides, des sensibles, bon an, mal an, main dans la main, en en laissant le moins possible à la grosse vilaine machine capitaliste, n'en rend la jouissance que plus délectable. Et l'hypothèse d'une résistance alerte et joyeuse, des plus crédibles.
Il y a parfois, comme ça, des moments de grâce dans l'existence. C'est vrai. Les nuits du 4 aout à Peyrelevade furent l'un d'eux. Ça s'est déjà vu, n'exagérons rien. Mais ne boudons pas notre plaisir d'avoir pu faire exister celui là aussi et ici…
